1950-2000: 35 chansons, et moi, et moi, et moi

Parcours
Mis à jour le 16 avril 2019

XXXIII.
Alain Souchon - Foule sentimentale (1993)

Alain Souchon, teinté de mélancolie

Alain Souchon est né à Casablanca au Maroc mais passe toute son enfance à Paris. Sa carrière démarre dans les années 70, période marquée par sa rencontre avec le chanteur Laurent Voulzy. C’est le début d’une grande amitié et d’une longue collaboration artistique. Auteur incontournable d’une poésie au registre souvent teinté de mélancolie, Souchon sait parfaitement jouer d’une apparence plutôt sage pour faire passer en douceur et sur un ton parfois désabusé des messages clairs et lucides sur notre époque.

Chargement...

Alain Souchon

"Foule sentimentale" par Alain Souchon, 1993

5:12

Paroles de "Foule sentimentale"

On l'a là la vie en rose Le rose qu'on nous propose D'avoir les quantités d'choses Qui donnent envie d'autre chose Ah et, on nous fait croire Que le bonheur c'est d'avoir De l'avoir plein nos…

Contexte de "Foule sentimentale"

… Enfin, enfin ! Nelson Mandela est libre après 25 années d’emprisonnement. Il devient ainsi en 1994 le premier président de l’Afrique du Sud sans Apartheid. Le DVD devient l’ami des soirées télé, tandis que le CD commence à tourner de l’œil. L’ordinateur individuel a la côte. On assiste à l’émergence des comédies musicales sirupeuses. Pourtant en Angleterre on réinvente la pop : Oasis, Blur, The Smiths sont les nouveaux groupes en vogue.

La musique de "Foule sentimentale"

Ça commence avec un enchaînement d’accords à la guitare acoustique et une impression de déjà vu. La mélodie, les arrangements très légers coulent de source et laissent toute sa place à la voix de Souchon : nonchalante et lasse, parfaitement en phase avec le texte.

Foule sentimentale : réenchantons le monde !

Quelle place reste-t-il pour les sentiments dans un monde dominé par le paraître et le factice, demande Souchon le tendre ? Il déplore le règne de la publicité et de ses icônes, le prêt-à-penser qui assèche les émotions et fait part d’un malaise profond, thème présent dans de nombreuses chansons de ce doux amoureux de la vie. En mal d’idéal, il se moque de ce qui est artificiel et superficiel, allant jusqu’à inventer au passage de nouveaux verbes à partir des noms propres de célébrités de l’époque, désormais retombées dans l’oubli (d’autres ont pris leur place, à vous de décider lesquelles).

Côté musique, ça commence avec un enchaînement d’accords à la guitare acoustique. La mélodie, les arrangements très légers coulent de source et laissent toute sa place à la voix de Souchon : nonchalante et lasse, parfaitement en phase avec le texte.

Nous sommes au début des années 1990. Le DVD va bientôt devenir l’ami des soirées télé (avant d’être détrôné par Netflix et ses concurrents), tandis que le CD commence à tourner de l’œil. L’ordinateur individuel a la côte. Tout annonce la révolution numérique du début du siècle suivant qui accélérera encore le temps et la consommation à tout crin.

Avec « Foule sentimentale », Alain Souchon posait déjà un regard désabusé sur la culture du vide et l’atomisation d’une société davantage tournée vers les apparences que vers le lien. Le constat est-il toujours le même aujourd’hui ?

Sommaire

Pour continuer...

Logo
HomepageSearchSign inLog inMy profile
About MeloContact us
Composé par Zebrock