Des chansons qui grandissent l'Amérique

Parcours
Publié le 29 octobre 2020
Mis à jour le 31 octobre 2020

III.
La fierté américaine, mais laquelle ?

"Born In The USA" par Bruce Springsteen, 1984

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Bruce Springsteen en 2020

Qui est Bruce Springsteen ?

Ce géant parmi les stars du rock nait dans le New Jersey le 23 septembre 1949. Tôt il est fasciné par Elvis Presley, sa voix, son jeu de jambe et son sourire, comme vont le saisir les textes des chanson de Bob Dylan. A l’ombre de ces deux influences majeures, il va se frayer un chemin magnifique de droiture, de justesse et de générosité. La musique devient son moteur de vie, il monte des groupes avec des copains jusqu’à jouer devant John Hammond, un des plus grands découvreurs d’artistes. De Billie Holliday à Bob Dylan, de Count Basie à Leonard Cohen, cet homme a joué un rôle primordial. Hammond signe Springsteen et un célèbre critique rock s’exclame : « J’ai vu le futur du rock, il s’appelle Bruce Springsteen ». Obligé de réussir avec de tels parrains, il s’y emploie avec talent et réussite, construisant disque après disque une œuvre classique dans la forme, mais d’une grande envergure poétique, traversée par son amour des Etats-Unis et son respect des gens qui font ce pays, notamment ceux qui triment dur en bas de l’échelle. Régulièrement mobilisé pour des causes humanitaires et les droits de l’homme, il est apprécié pour ses concerts marathon qui drainent une foule immense où toutes générations mêlées, le public, ivre de joie, chante avec lui, porté par le lyrisme de ses mélodies et la puissance de ses rifs, soutenus par son groupe de jeunesse, le E. Street Band.

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La pochette de Born in the USA : mais que veut-il vraiment dire ?

"Born In The USA" : c'est-à-dire ?

Cette chanson parue en 1984 sur l’album du même nom est un des plus grands succès du Boss. Certains, notamment Ronald Reagan, cet ancien acteur devenu président très conservateur des Etats-Unis, ne veulent alors y entendre qu’un hymne nationaliste à la gloire exclusive du pays et de son American way of Life. Il faut dire que le refrain donne l’impression qu’ils ont raison : être « born in the USA » n’est-il pas l’argument que servent les réactionnaires et autres racistes défenseurs d’une soi-disant pureté américaine ? Mais ce n’est pas ce que dit la chanson, pamphlet contre l’injustice. Springsteen raconte l’impossible réinsertion d’un prolétaire né dans une « dead man’s town » (un trou paumé), à qui la nation a mis « un fusil dans les mains » pour aller «  tuer l’homme jaune » dans un «  pays étranger ». À son retour aux États-Unis, le narrateur-chanteur n’a « nulle part où fuir, nulle part où aller » et finit « dans les ombres de la Refinery », en référence à un pénitencier du New Jersey. C’est bien des fantômes du Vietnam dont s’empare Bruce Springsteen. Régulièrement on a tenté de récupérer sa chanson, Donald Trump allant jusqu’à la diffuser dans ses meetings, avant que Springsteen le lui interdise. Si ce dernier se vit bien comme un patriote, c’est en homme libre qui aime son pays et n’accepte pas d’y être méprisé. Martiale au possible, cette chanson a tout d’un hymne.

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Ronald Reagan et Margaret Thatcher, la paire très libérale

Années 80 : le conservatisme progresse

Quand sort Born in the USA, Ronald Reagan, mène campagne pour se faire réélire. Incarnation de la main mise progressive sur le pays d’une droite chrétienne, nationaliste et rétrograde qui a pris de plein fouet la défaite du Vietnam, il ouvre l’ère néo-libérale dans laquelle le monde va peu à peu basculer. La guerre froide, compétition entre l’Union soviétique et ses alliés à l’Est et les Etats-Unis et le monde occidental à l’Ouest est en train de virer au profit de ces derniers. Sortis défaits du Vietnam, les Etats-Unis s’emploient à remettre de l’ordre, notamment en Amérique du sud, chasse gardée traditionnelle. Fervent partisan de l’initiative privée et pourfendeur des services publics et de tout qui peut s’approcher d’une logique de partage et de mise en commun, Reagan imprime, avec sa collègue Margaret Thatcher, premier ministre de Grande Bretagne un cours très libéral et pro business à l’économie. Il relance spectaculairement les dépenses d’armement pour son projet (avorté) de guerre des étoiles. Ce sont les années de privatisation, de dérèglementation et du fric à gogo pour ceux qui en ont.
C’est aussi l’époque des méga-ventes de disques, comme le Thriller de Michael Jackson en 1983 (33 millions d’exemplaires) et des concerts dans les stades avec Madonna, REM, U2 et quelques autres. Avec MTV, le clip et le CD tout récent, la musique devient un très gros business

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Sur scène, la tornade Springsteen

"Born In The U.S.A." par Bruce Springsteen, 1984

4:44

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