Portrait de Barbara à l'encre de Chine par Maryse Garel.
Barbara est née dans le 17ème arrondissement de Paris en 1930 de deux parents juifs. Elle ne porte pas encore son nom de scène et sur acte de naissance figure le nom de Monique Andrée Serf. Son enfance est marquée par de nombreux déménagements et la peur des persécutions.
Mais la guerre et l’antisémitisme ne sont pas les seuls à lui avoir voler son enfance. La petite Monique subit les comportements incestueux de son père, jusqu’à ce qu’il quitte la maison pour toujours. Elle a 19 ans. Elle ne le dénoncera jamais auprès de sa famille. Sa célèbre chanson “ L’Aigle noir “ pourrait être une évocation de ce trauma, mais rien n’est sûr.
Dès son plus jeune âge, Barbara joue du piano et commence les cours de chant à l’adolescence. Peu intéressée par les études académiques, elle rêve d’être pianiste chantante. A 17 ans, elle entre au Conservatoire de Paris.
En 1950, elle quitte Paris et s’installe à Bruxelles. C’est là qu’elle commence à se produire dans des petits cabarets sous le nom de “ Barbara Brodi “, en honneur à ses aïeules slaves. Le début de sa carrière est dure, elle gagne très peu et le public siffle lourdement ses reprises du répertoire d’Edith Piaf, de Juliette Gréco, de Marianne Oswald et de Germaine Montero. A cette même époque, elle se lie d’amitié avec Jacques Brel. Alors jeune compositeur en herbe, ce dernier la pousse à écrire ses premiers textes. Elle revient à Paris où elle continue de se produire. Le cabaret de l’Écluse devient une de ses adresses favorites et elle réussit à fidéliser son premier public qui la surnomme “ la Chanteuse de minuit “.
Il lui faut dix ans pour oser interpréter ses propres créations et imposer alors cette évidence : elle est avec Piaf la plus grande chanteuse française jamais imaginée. Jusqu’à sa disparition en 1997, elle symbolise le plus haut degré d’exigence artistique. A la fin de sa carrière, ses cordes vocales fortement abîmées la laissent presque aphone lors d’un concert. Mais son fidèle et passionné public entonne ses chansons, accompagné des musiciens et de la chanteuse au piano. Cela n’empêchera pas “ la Dame en Noir “ d’être à jamais connue par les amoureux de la chanson comme une des voix plus vibrantes du répertoire francophone.
La résistance pacifique vue par les hippies : l’amour plutôt que la guerre. États-Unis, années 1960.
Dans ces premières années de la 5ème République d’une France qui se modernise, la figure martiale du Général de Gaulle commence à se craqueler. Les prémices de 68 se font déjà sentir dans une jeunesse qui en a assez de se sentir infantilisée, autant engagée dans les combats contre la Guerre du Viêt-Nam qu’elle se divertit avec les idoles, qu’elles soient Beatles, Delon ou Bardot et les copains yéyé. La censure encore très vigilante ne peut toutefois contenir l’incompressible montée du désir d’afficher sensualité et sexualité, droit d’aimer et de le dire. Encore tabou, ces choses percent dans les chansons, dont celles de Barbara, sensuelles en diable.
La pochette de Dis, quand reviendras-tu ?
“Dis, quand reviendras-tu ?” est une chanson écrite et composée par Barbara en 1962. C’est une des chansons les plus populaires de Barbara. C’est une chanson autobiographique, dédiée au diplomate Hubert Ballay, avec qui Barbara a eu une idylle. Le couple vit ensemble à Paris mais le métier de diplomate de Hubert Ballay fait qu’il s’absente énormément à cause de ses missions, notamment en Côte d’Ivoire. Barbara couche alors sur le papier ses maux et écrit “Dis, quand reviendras-tu ?”.
La voix de Barbara nous entraîne dès ses premières notes dans une valse tourbillonnante et mélancolique sur les pavés de la capitale. Dans cette chanson, la chanteuse s’adresse à son amant et pleure son absence. Dans les paroles Barbara est seule, attend son amoureux et voit passer les saisons. Elle le chante sur une orchestration simple parfaitement accordée au thème du temps qui passe et sa cohorte d’amours déçus : une contrebasse marque les temps de la valse, une guitare discrète et des violons renforcent le caractère mélancolique de la chanson. Depuis la capitale dans laquelle Barbara danse cette valse mélancolique, la chanteuse est décidée : elle n’attendra pas toute sa vie le retour de l’amant chéri.
« Je vais, je viens, je vire, je tourne, je me traîne »Langueur de l’attente du retour de l’être aimé et impatience de l’amoureuse
Voilà combien de jours, voilà combien de nuits Voilà combien de temps que tu es reparti Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage Pour nos cœurs déchirés, c'est le dernier naufrage Au…