Rap business

Parcours
Publié le 5 mars 2020
Mis à jour le 28 septembre 2022

VII.
Comment le Congo a transformé le rap français ?

Comment le Congo a transformé le rap français ?

7:55

« Gangsta’s Paradise » : le dangereux Eden

Classique du rap West Coast publié en 1995, bande originale du film Dangerous Minds (« Esprits Rebelles » en français) de l’Américain John N. Smith et référence de pop culture, le morceau le plus célèbre de Coolio a marqué toute une génération. En réalité, il revisite le tout aussi fameux « Pastime Paradise » de Stevie Wonder sorti en 1976.

Les paroles sont remaniées par Coolio, mais elles sont vite purgées de leurs gros mots pour garder les bonnes grâces de Wonder. Elles dépeignent un « paradis du gangster » tout sauf paradisiaque, auquel le rappeur, qui a plutôt habitué son public à des productions légères, regrette profondément son appartenance. Usé par son quotidien de bandit, il met en garde son prochain : pouvoir mourir d’une seconde à l’autre, ce n’est pas une vie. Coolio invite L.V. (Larry Sanders) à chanter le refrain, offrant au morceau une profondeur soul bienvenue. Légèrement tragique, le texte est parfaitement soutenu par les violons en Do mineur de Stevie Wonder.

Ces paroles empreintes de rédemption sont plutôt en phase avec le contexte de l’époque. En effet, dans les années 80 et 90, les quartiers les plus pauvres de Californie où s’entassent les Afro-Américains sont frappés de plein fouet par les guerres de gangs, les violences raciales, la misère et la drogue. Los Angeles connaît des émeutes meurtrières en 1992, déclenchées par les violences commises par deux policiers blancs sur un jeune automobiliste noir. Les rappeurs se font assassinés en pleine rue à l’instar de Tupac en 1996 et de Notorious BIG six mois plus tard. Le film Dangerous Minds, lui aussi dans les thèmes de l’époque, raconte comment une professeure en tout début de carrière se bat pour éduquer des lycéens majoritairement impliqués dans la guerre des gangs.

Le morceau, popularisé par le film, et son clip largement diffusé sur MTV, a inspiré de nombreux artistes. Il a aussi fait l’objet de parodies variées, la plus connue étant « Amish Paradise » du trublion Weird Al Yankovic. Bel icône des années 90, « Gangsta’s Paradise » a aussi le mérite d’avoir fait connaître le rap de Coolio au monde entier.

Qui est Souffrance ?

Souffrance est un rappeur montreuillois, membre du collectif l’uZine, aux côtés de Cenza, Tonio le Vekoso et TonyToxik, au rap teinté de boom-bap. Son blaze évoque la France d’en dessous, la « Sous France », une souffrance commune. Il a écrit et posé son premier texte dans les studios du Café La Pêche à Montreuil dans les années 2000, comme de nombreux rappeurs de cette décennie. Il sort un premier EP, Le peuple a faim, en 2015.

Après de multiples projets et un parcours chaotique, il publie son premier album, Tranche de vie, en 2021. Il revient sur ses années de jeune adulte, de ses 18 à 30 ans. Son rap se veut également introspectif. Dans Tour de magie, sorti l’année suivante, il semble se retourner sur le chemin parcouru à 36 ans et fixe son regard sur celui qui lui reste à faire.

Souffrance puise ses références dans le rap des années 1990-2000 avec le scratch, base du rap, des morceaux longs sans refrain, des artistes comme La Mafia K’1 Fry, Lunatic, Tandem ou encore Ärsenik… L’artiste nous propose un rap aux codes très marqués tout en apportant une touche d’originalité et de modernité avec notamment d’avantages d’instrus dans son dernier album.

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