Nos chers gamins

Parcours
Publié le 9 octobre 2020
Mis à jour le 6 juillet 2021

V.
Les enfants, vous êtes formidables !

« Bonhommes » par Philippe Katerine, 2019

Le retour en enfance s’achève sur un morceau de choix qui pose une question fondamentale : les adultes ne devraient-ils pas s’inspirer plus souvent de la douce folie des enfants ?

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Portrait de Philippe Katerine autour de 2010 (Crédits : Geoffroy de Boismenu)

Qui est Philippe Katerine ?

Il n’est pas interdit de trouver Philippe Katerine agaçant… puisqu’il fait tout pour cela. Né en 1968 à Thouars, dans l’Ouest de la France, il chahute les habitudes, colle ensemble des musiques et des histoires qui n’ont rien à voir, invente un style de chansons faussement faciles et détendues, en réalité rongées de doutes et d’angoisses. Depuis ses débuts dans la musique en 1991, ce drôle de garçon n’arrête jamais de travailler, multiplie rencontres et collaborations, taquine les médias et se joue de son image. En somme, entre rigolade et anxiété, tension et dérision, Katerine est à l’image de son époque. Qui est aussi la nôtre. Créative et crispante.

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Photo d’une manifestation de Gilets jaunes à Paris, début 2019 (via Le Point)

Contexte : 2019, 2020. Une nouvelle décennie commence… mouvementée !

Ça chauffe drôlement à la fin des années 2010 ! Au sens propre comme au figuré… Le feu détruit l’Amazonie et la cathédrale Notre Dame de Paris sous le regard impuissant du monde entier. Le réchauffement climatique, c’est pour de vrai maintenant : l’été 2019 pointera à 46°C en France… un triste record. À l’automne, une usine chimique s’embrase près de Rouen et pollue les environs. Mais cela est vite balayé par la disparition de Jacques Chirac, ancien Président de la République. Dans la rue aussi c’est chaud. L’année commence avec les Gilets jaunes qui se barricadent sur les ronds-points et défilent à Paris depuis plusieurs mois ; elle se termine avec les grèves contre la réforme des retraites et les protestations des soignants, usés par un hôpital à la dérive. Et pendant ce temps, un virus encore invisible circule en silence de pays en pays…

« Bonhommes » par Philippe Katerine, 2019

2:34

« Bonhommes » en quelques mots

Ce drôle de Katerine s’adresse directement aux enfants dans cette chanson. Avec son texte délicieusement (et faussement) naïf, le trublion leur envie leur innocence. D’accord, les petits ne savent peut-être pas lire, écrire ou compter mais eux au moins, ils n’ont pas perdu le super pouvoir de s’amuser d’un rien, de s’émerveiller de tout. La chance. Surtout dans le monde où l’on vit, plein de violences et d’angoisse existentielle. Katerine s’amuse des codes des sonorités des années 2015 en usant de l’autotune, des effets des boîtes à rythmes pour une instrumentation toute en légèreté et doucement folle à l’image des gamins du clip du morceau qui dessinent des bonhommes… sur sa tête !

Paroles de « Bonhommes »

Vous ne savez pas écrire Vous ne savez pas lire Vous savez tout et bien pire Mais vous ne pouvez le dire Moi c'est ce que j'avais compris Le rêve n'est pas fini Quand le réveil sonne Comment je vis,

French Pop

Style

1955
France
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Philippe Katerine

Artiste

1968
Thouars, France
Voir la notice

« Au Mont Sans-Souci » par Jean-Louis Murat, 1999

3:01

"De justesse" : voir son enfant grandir

En 2022, Florent Marchet publie discrètement Garden Party, 13 chansons éprouvées dans un nombre époustouflant de concerts qui vont rapidement imposer son album comme le disque de l’année pour une bonne partie de la critique.
Comme à son accoutumée, Marchet déroule des histoires de vie quotidienne sur lesquelles il porte un regard d’une infinie tendresse, mais aussi d’une froide lucidité. Le tout baigné de mélodies enchanteresses. Un vrai mélodiste, celui-ci !
« De justesse » est exemplaire de ce cocktail singulier. Le texte met en musique l’angoisse grandissante d’un père devant les étapes de vie que franchit son enfant et les dangers qui le guettent. Le refrain glace l’auditeur : « Promets-moi mon amour, de passer ton tour, promets-moi mon enfant de rester vivant ». Vis, tente et expérimente, mais reviens-moi toujours. Difficile de résister à la charge émotive de cette chanson qui traque nos émotions dans le moindre de nos recoins. Il y égrène, au fil des âges des situations anxiogènes finalement banales, auxquelles il confère toute leur possible gravité. Evidemment ce sont celles de l’adolescence qui parachèvent ce crescendo d’émotions parfaitement bercé par une mélodie limpide. Le « j’y pense tout le temps » qui ponctue la chanson a des allures d’oxymore tant la gravité du propos et la beauté de la mélodie semblent s’opposer. Au fil de ses albums, Marchet qui outre le chant joue les claviers, s’est affirmé comme un subtil arrangeur. Les palettes sonores sont d’une grande variété, privilégiant la tessiture analogique de synthés et claviers un peu vintage, mais riches aussi de l’ajout ici et là de touches de cuivres, de vibraphone ou de guitares et banjo. Travail d‘orfèvre.

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