Joni Mitchell

Artiste

Fort MacLeod, Canada

Qui est Joni Mitchell ?

Gare à celui ou celle qui réduirait Joni Mitchell à une chanteuse hippie à la chevelure blonde. Cette compositrice et guitariste hors pair – instrument qu’elle a appris à jouer en autodidacte - défie toutes les règles. Pas complètement folk, ni tout-à-fait jazzy mais à l’esprit rock, dotée un timbre tout à la fois cristallin et rauque, Joni Mitchell se joue avec brio des attendus du monde du showbiz.
Au milieu des années 60, la scène folk s’étonne : une nouvelle tête est apparue, un visage angélique découvert par la grande papesse du genre en Californie, Judy Collins. Son jeu de guitare peu orthodoxe, la poésie et l’introspection que dégagent ses textes charment le public.
Son premier album Song to a Seagull (« chanson pour une mouette ») sort en 1968, largement acclamé par la critique. Mais c’est son deuxième album, Clouds, qui assoit sa légitimité dans l’industrie musicale grâce à « Both Sides Now », un petit bijou de sagesse en guitare-voix qui lui a valu un Grammy.
Joni Mitchell est la voix d’une génération, aux côtés de David Crosby, Graham Nash, Jim Morrison, Frank Zappa, les Mama’s and Papa’s et tant d’autres qui composaient leurs chansons dans une oasis californienne, un repère de hippies et de musiciens brillants, le Laurel Canyon. Joni Mitchell écrit des textes d’une poésie et d’une intimité rares. Elle nous dévoile de sa belle voix, les tourments et les désirs de la génération de Woodstock. Cependant les violences sociales et politiques aux États-Unis mettent fin à ce moment d’insouciance et de vie de bohème. Les violences policières durant les protestations contre la guerre du Vietnam, l’assassinat de Martin Luther King puis de Robert Kennedy en 1968 (le frère du président assassiné en 1963) marquent un tournant dans la carrière de la reine du Canyon. Avec « Strawflower Me », véritable manifeste écologique avant-gardiste, Joni Mitchell ouvre la danse vers des compositions plus critiques de la société de consommation.
Son opus The Hissing of Summer Lawns sorti en 1975 marque ainsi une transition vers un son plus expérimental qui rend son public traditionnel quelque peu perplexe et lui en offre un nouveau, enthousiaste. Elle collabore notamment avec des musiciens de jazz tels que l’immense bassiste Jaco Pastorius et surtout le grand compositeur et improvisateur de jazz Charlie Mingus. Farouchement libre, elle s’ouvre avec audace à diverses influences musicales pour créer son propre son.
Aujourd’hui, l’inclassable Canadienne laisse de côté la plume pour reprendre son pinceau ; peintre depuis toujours, elle mêle d’un coup de gouache son amour des mots et de la spontanéité. Sa carrière est à son image. Culottée, introspective, militante et pleine d’utopies.

Par Marina Angelini. Crédits photo vignette : © Joel Bernstein

Playlist

“Both Sides Now” par Joni Mitchell, 1969

4:35

“Both Sides Now” par Judy Collins, 1967

3:17

“From both sides now” par Dion, 1968

3:55

“Both sides now” par Emily Jones, 2022

3:28

“Both Sides Now” cité dans *Love Actually* de Richard Curtis, 2003 (en anglais)

3:37

"Big Yellow Taxi" par Joni Mitchell, 1973

2:20

"Got 'Til It's Gone" par Janet Jackson, 1997

4:11

“River” par Joni Mitchell, 1971

4:14

“Big Yellow Taxi” par Joni Mitchell, 1970

2:16

“ Ethiopia” par Joni Mitchell, 1985

5:52

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