Garage Rock

Style

1965

Le garage en quelques mots

Quand on entend l’expression “garage rock”, on pense à un garage en bazar dans une maison d’un quartier pavillonnaire et à quatre adolescents qui jouent avec ferveur, souvent mal. Oui…mais justement, cette approximation brouillonne et bruyante est pour beaucoup l’essence même du rock, cette musique dont les codes naissent et vivent ailleurs que dans les bureaux marketing des firmes de disques.

Dès le début des années 1960, le garage rock mélange rock’n’roll et rhythm’n’blues avec les sons nouveaux que font jaillir les systèmes d’amplification saturés, car il faut se faire entendre et donc pousser les potards à fond. Après plusieurs années de purgatoire infligées par l’Amérique bien-pensante et pieuse qui met le rock sous tutelle morale (Elvis Presley devient sage à l’armée), les rockeurs reviennent à la charge et les groupes de copains foisonnent aux États-Unis. La British Invasion des Beatles et autres Who et Kinks est une véritable source d’inspiration pour les Standells, Kingmens, Seeds ou Remains, qui décrochent des contrats sur de petits labels et percent dans le maquis des radios américaines. Vite faits et finalement, plutôt bien faits, ces enregistrements bruts, secs et cinglants construisent cette esthétique aujourd’hui encore synonyme de sincérité et d’énergie, au parfum provocateur et revêche, mais non sans élégance.

Le son garage est sale. Il se caractérise par une forte présence de la guitare électrique, centrale et saturée. La “fuzzbox” qui distord le son de la guitare nait dans le garage. La structure des morceaux est simple, avec un duo basse-batterie classique, des accords basiques, parfois un orgue Farfisa et surtout pas de sophistication. L’arrivée du rock psychédélique, les horizons sonores dessinés par les Beatles comme la poésie de Bob Dylan conjugués à l’arrivée de studios 4, 8, 16, 24, 32 voire 48 pistes remisent le garage au fond du cellier. Mais son esprit demeure, entretenu par Iggy Pop et ses Stooges, le Velvet Underground et autres groupes métalliques et glam. En 1972, une magnifique compilation, Nuggets: Original Artyfacts from the First Psychedelic Era, 1965-1968, réalisée par le guitariste de Patti Smith, Lenny Kaye, a remis ces groupes à l’ordre du jour. Quand surgissent les punks en 1977, c’est toute une jeunesse agacée par les musiciens riches et prétentieux du rock business à la mode, qui reprend le pouvoir. Et en fait, nous n’en finissons pas de revenir à cette source, comme nous l’avons vu avec le grunge et Nirvana ou Mudhoney et encore avec Jack White et ses nombreux projets.
Parce qu’au fond, il est toujours question de bousculer les normes et l’autorité, d’accéder à la liberté en s’enivrant de la beauté du bruit.

Par Eona Touzet et Edgard Garcia. Crédit photo vignette : pochette de la compilation "Nuggets" © Elektra, 1972

Playlist

"Dirty Water" par The Standells, 1966

2:41

"Diddy Wah Diddy" par The Remains, 1966

2:34

"Louie Louie" par The Kingsmen, 1963

2:48

"Pushin' Too Hard" par The Seeds, 1967

2:57

"Have Love Will Travel" par The Sonics, 1965

2:41

"The People In Me" par The Music Machine, 1966

3:01

"Dead Leaves And The Dirty Ground" par The White Stripes, 2001

3:08

"Route 66" par The Rolling Stones, 1966

2:21

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