Artiste
Lagos, Nigeria
Tout au long de sa vie Fela Kuti a jonglé entre musique et activisme si bien que, chez lui, la poli-tique est devenue musique, et la musique, politique. Fondateur de l’afro-beat, il est aujourd’hui considéré comme une icône aussi bien pour la création de cette esthétique, que dans la lutte contre la corruption, le néo-colonialisme et la dictature.
Né en 1938 au Nigéria, Fela Kuti est très tôt initié à la musique par son père et à l’activisme par sa mère, nationaliste et féministe panafricaine. Il a alors une vingtaine d’années lorsqu’il découvre le jazz à Londres. Sa fascination pour cette musique noire américaine va poser les jalons de l’afro-beat, qu’il invente avec le batteur Tony Allen à la fin des années 60. Savant mélange de jazz, soul, funk, chants et percussions nigériennes, l’afro-beat est le produit d’expérimentations musicales alliant diverses influences. Rapidement, Fela Kuti utilise son art à des fins politiques. Dénoncer la dictature, la corruption, et l’oppression du peuple nigérien, mais aussi la lutte pour l’union des peuples africains, deviennent les refrains de ce musicien activiste. En 1969 il découvre lors d’un voyage à New-York le mouvement révolutionnaire pour les droits des africains-américains des Black Panthers. Cette rencontre déterminante durcit son engagement politique et aiguise les pa-roles de ses morceaux qui prennent forme dans son nouveau groupe, Africa 70.
Fela Kuti devient insupportable pour le pouvoir en place au Nigéria. En 1977, sa résidence est attaquée par l’armée, ses frères battus, sa mère est défenestrée. Fela Kuti riposte avec son unique arme, la musique. Après avoir subi plusieurs emprisonnements et tortures, Fela Kuti ne survit pas au sida et meurt en 1997 à l’âge de 58 ans, en laissant derrière lui un puissant héritage culturel.
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