Morceau
Parue en 1973, “Du pain et du laurier” semble un peu à part dans le répertoire de Christophe. Simple et dépouillée, tant dans les paroles que dans la musique dominée par la guitare, elle ne dure qu’une poignée de minutes mais cela suffit pour nous toucher.
En quelques rimes, Christophe dévoile sa vulnérabilité. Lui si élégant, toujours tiré à quatre épingles, se présente à nous comme tombé du lit. C’est un jour où il n’a pas envie, il n’y arrive pas. “ Du pain et du laurier “ est une chanson qui fait tomber le masque de Christophe. Il ne lui reste que le rock américain qui l’accompagne depuis qu’il est môme, et des aliments de première nécessité. Le titre lui-même résume cette économie de moyens : quelques provisions, une guitare pour le reste. Pas de grande déclaration, juste les petits gestes du quotidien et la musique pour s’en évader.
Avec ce morceau, Christophe, dandy noctambule et incandescent, fait une pause. Le chanteur prend sa guitare pour jouer du blues comme pour se consoler (mais de quoi ?). Il ralentit, prend son temps, sans jamais oublier de glisser un peu d’autodérision avec ces rimes un peu trop faciles dans le dernier couplet.
“Du pain et du laurier” est une chanson fabriquée avec trois fois rien, mais qui nous cueille joliment.
Je ne suis pas lavé, pas rasé Et je suis bien comme ça J'écoute la musique d'un groupe de rock'n'roll En buvant mon café Je descends faire des courses au marché Sur la petite place Et j'entends…
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