Blue Note Records

Thème

1939

Blue Note, l'avant-garde du jazz

En janvier 1939, l’Europe est aux portes de la guerre. Deux juifs berlinois amoureux de jazz, Alfred Lion et Max Margulis, ont fui le nazisme. Ils se sont installés à New York et fondent le label Blue Note Records, donnant naissance à l’une des maisons les plus emblématiques de l’histoire du jazz. Ils seront rejoints un an plus tard par un ami d’enfance de Lion, un autre immigrant juif, le photographe Francis Wolff. Le nom du label fait directement référence aux blue notes : les notes les plus expressives du jazz et du blues. Dérivée du blue devils anglais (les “idées noires” en français) cet abaissement de ton permettait aux jazzmen d’exprimer la nostalgie, la tristesse, le soupir.

Le label est rapidement connu pour son exigence concernant les conditions d’enregistrements. Et cela s’avère payant. Les disques Blue Note se démarquent par leur qualité comparée au rendu sonore plus brouillon des jam sessions de l’époque. Les artistes ne s’y trompent pas non plus et convoitent cette maison connue pour son absence de concession. Chez Blue Note, on fait du jazz, du bon jazz. Un point c’est tout. Des figures majeures comme Thelonious Monk, Bud Powell, Sydney Bechet ou encore Art Blakey sont séduits par la ligne du label et rejoignent Blue Note, ravis d’avoir accès à des enregistrements clairs et propres de leurs compositions. Fait remarquable, Blue Note est l’un des seuls labels à financer les répétitions des musiciens (noirs pour la plupart) en amont des enregistrements.

Petit à petit, le label se diversifie. Il se place à l’avant-garde des esthétiques, à la pointe des sous-genres musicaux, comme par exemple le hard bop. Ce genre de jazz associé au blues et au gospel, est un des terreaux musicaux les plus fertiles des années 1950-1960 qui permet l’émergence d’artistes comme Horace Silver, Miles Davis, Wayne Shorter et Herbie Hancock. Les albums enregistrés à cette époque deviennent rapidement des classiques. L’ingénieur du son Rudy Van Gelder est un des artisans de la signature sonore du label pendant cet âge d’or.

Au “son Blue Note” s’ajoute une identité visuelle forte. Francis Wolff prend des clichés mémorables des sessions d’enregistrements, le graphiste Reid Miles conçoit des pochettes d’albums innovantes, magnifiques, influencées par le Bauhaus. La typographie soignée complète cette signature visuelle propre à Blue Note.

Après cette période riche, le label connaît un déclin à partir des années 1970. C’est en 1984 que Blue Note est relancé sous la direction de Bruce Lundvall. Ce dernier ouvre la production à de nouveaux horizons musicaux. Ainsi, en 2002, Norah Jones connaît un succès mondial grâce à son album Come Away With Me. La France n’est pas en reste. Toujours dans les années 2000, Blue Note produit Lipopette Bar, un album d’Oxmo Puccino inspiré des films noirs et La Note bleue, l’ultime album de Claude Nougaro.

Aujourd’hui, Blue Note Records est une propriété du groupe Universal Music, mais reste fidèle aux valeurs de liberté créative et d’expression sans compromis défendues par ses fondateurs. Blue Note Records a marqué l’histoire de la musique à jamais.

Par Guillaume Dubigny. Crédits photo vignette : logo de Blue Note Records

Playlist

« Come Away With Me » par Norah Jones, 2002

3:15

« Blue Train (Remastered 2003/Rudy Van Gelder Edition) » par John Coltrane, 1957

10:45

« 'Round Midnight » par Thelonious Monk, 1947

3:10

« Un Poco Loco (Remastered 1998/Rudy Van Gelder Edition) » par Bud Powell, 1952

4:47

“Herbie Hancock” par Claude Nougaro, 2004

3:40

« Lipopette Bar » par Oxmo Puccino, 2006

3:31

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